Chamonix (Haute-Savoie), reportage
À Chamonix, la dernière semaine du mois d’août, une foule se divise en deux catégories. La première porte des baskets colorées aux pieds et un sac d’hydratation sur les épaules. Elle vient participer à l’UTMB, l’Ultra trail du Mont-Blanc, la plus célèbre compétition de trail en France. Du lundi 24 au dimanche 30 août, près de 10 000 personnes vont s’élancer sur l’une des 8 courses programmées, qui vont de 15 à 174 kilomètres.
Vêtus un peu moins sportivement, les accompagnants, bénévoles et spectateurs sont trois fois plus nombreux : environ 30 000 personnes. Cette foule se bouscule dans les rues pittoresques du mythique village d’alpinisme, devenu en quelques années la capitale mondiale du trail. Une pression sportive et touristique sur les habitantes et habitants, mais aussi sur les fragiles écosystèmes montagnards.
L’UTMB a été créé en 2003 par une famille de la vallée. À l’époque, seuls 722 coureurs ont tenté de finir les 153 kilomètres du parcours autour du massif du Mont-Blanc. Un évènement familial auquel le maire de la ville, François-Xavier Laffin, avait alors participé. « À l’origine, tous les Chamoniards étaient amoureux de cette course. Ils courraient et leurs enfants étaient bénévoles. C’était avant », explique-t-il à Reporterre.
Depuis, la situation a changé. L’association organisatrice est devenue une entreprise commerciale au chiffre d’affaires de 30 millions d’euros qui emploie une centaine de personnes. La firme étasunienne Advance, propriétaire de la marque Ironman, possède désormais 45 % du capital d’UTMB Group selon Mediapart.
10 000 coureurs dans la montagne
En parallèle, la pratique du trail a explosé. Entre 2024 et 2025, le nombre d’utilisateurs de Strava — une application de sport, notamment de course à pied et de vélo — qui ont enregistré une sortie en France a bondi de 69 %.
Selon un…
Auteur: Laurène Roche, Laury-Anne Cholez
