C’est cette menace persistante qui réunit cette semaine les États membres des Nations Unies à New York, où diplomates et experts examinent les moyens d’endiguer la prolifération mondiale des armes à feu illicites. Une préoccupation ancienne, mais que les nouvelles technologies rendent plus complexe encore.
« Les guerres prennent fin, mais malheureusement les armes utilisées dans ces conflits ne sont pas nécessairement placées sous un contrôle total », observe Izumi Nakamitsu, la responsable onusienne pour les affaires de désarmement. « Elles continuent de circuler. Elles sont parfois dissimulées. Elles sont transportées au-delà des frontières ».
Izumi Nakamitsu, Haute représentante de l’ONU pour les affaires de désarmement.
Armes « fantômes » et imprimées en 3D
Les inquiétudes se concentrent désormais sur les « armes fantômes », assemblées à partir de pièces détachées ou de kits et dépourvues de numéro de série, ainsi que sur les armes fabriquées grâce à l’impression 3D. Ces dernières peuvent être produites en dehors des circuits industriels traditionnels et échapper aux mécanismes de contrôle conçus pour les fabricants conventionnels.
À mesure que ces technologies deviennent plus accessibles et moins coûteuses, les autorités redoutent qu’elles ne facilitent la fabrication clandestine d’armes tout en compliquant leur traçabilité. « Ces armes ou certaines de leurs pièces, lorsqu’elles sont démontées puis acheminées clandestinement, sont plus difficiles à retracer », souligne Mme Nakamitsu.
La trainée de poudre libyenne
Le problème est loin d’être théorique. L’exemple libyen reste, 15 ans après la chute de Mouammar Kadhafi, l’un des cas les plus frappants.
Des stocks d’armes pillés ou détournés durant le conflit de 2011 ont progressivement irrigué l’ensemble du Sahel. Des…
Auteur: Nations Unies FR

