La peste noire, la plus dramatique pandémie de l’histoire de l’humanité, se serait répandue en Europe médiévale à la suite d’une série d’éruptions volcaniques ayant entraîné famine et hausse des importations de grains, avance une étude. La « peste noire », la « mort noire », la « grande peste »… autant de qualificatifs accompagnent ce mal absolu qui a terrassé une grande partie de l’humanité au XIVe siècle de notre ère.
La peste apparue dans l’actuel Kirghizistan
Selon les dernières recherches, elle apparaît très probablement vers 1338 dans les contreforts arides des montagnes du Tien Shan, au lac Issyk-Kul, dans l’actuel Kirghizistan. Une souche génétiquement distincte de la bactérie a ensuite atteint les bords de la mer Noire via les routes commerciales.
Les puces transportaient la bactérie Yersinia Pesis dans leur intestin, la transmettant en piquant les rats ou les rongeurs qui les véhiculaient, avant de piquer les hommes quand les rats n’étaient plus en nombre suffisant. Les puces infectées par la peste sont arrivées dans les ports européens dans les navires transportant des céréales.
Elle sont ainsi devenues un vecteur de transmission de la maladie et de la mort à partir de 1347. En six ans, la peste va décimer de 30 à 60% de la population européenne selon les endroits, soit environ 25 millions de personnes.
L’apport de la dentochronologie
Mais pourquoi le mal s’est-il répandu en Europe précisément à ce moment-là, avec une telle virulence et une telle ampleur ? C’est l’objet de l’étude menée de concert par les équipes des professeurs Ulf Büntgen, de Cambridge (Royaume-Uni), et Martin Bauch, de Leipzig (Allemagne), et publiée cette semaine par la revue Communications Earth & Environment.
L’étude met en exergue une succession d’événements naturel, démographique, économique, politique et culturel dans le bassin méditerranéen ayant…
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