Des féministes noires au coeur de la lutte anticoloniale

Nous sommes heureux·ses de proposer à nos lecteurs·rices un extrait de l’introduction du livre Imaginer la libération. Des femmes noires face à l’Empire, d’Annette Joseph-Gabriel, paru tout récemment aux éditions Ròt-Bò-Krik.

Des récits libérateurs

Imaginer la libération débute avec Suzanne Césaire, dont les écrits sur la citoyenneté politique et culturelle en France et dans la Caraïbe furent parmi les plus puissantes articulations de l’antifascisme et de l’anti-impérialisme dans les Antilles françaises. Si les chercheuses et les chercheurs se sont jusqu’ici penchés sur sa participation à la négritude et au surréalisme exclusivement par le biais des essais qu’elle publia, j’ai recours à des archives inexploitées, dont sa correspondance privée, des écrits inédits et des photographies, qui permettent d’explorer sa pensée de l’identité politique antillaise dans les bouleversements de la guerre mondiale. Le premier chapitre, « Suzanne Césaire : la libération par-delà le grand camouflage », entend réarticuler la conception de la citoyenneté qui fut la sienne dans le cadre de son engagement en faveur de l’archipel des Caraïbes en général et d’Haïti en particulier. Ses écrits de Port-au-Prince, datant du séjour qu’elle y fit avec son mari en tant que membre d’une délégation culturelle française, montrent le déplacement de son point d’analyse central, qui passa de l’héritage du colonialisme français en Martinique aux possibilités d’une appartenance pancaribéenne, exprimée tant par la pratique politique que par la création artistique. Les cinq mois formateurs passés en Haïti en 1944 lui révélèrent l’île comme un site d’imagination politique, un espace génératif où une identité caribéenne pouvait être forgée.

Le chapitre se clôt sur une lecture minutieuse de l’interprétation que fit Suzanne du poème canonique d’Aimé, Cahier dun retour au pays natal,

La suite est à lire sur: www.contretemps.eu
Auteur: redaction

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