Des futurs médecins (enfin) formés aux liens entre pollutions et cancer

Marseille (Bouches-du-Rhône), reportage

« On connaît tous des personnes qui ne fument pas, ne boivent pas, mangent sainement, font de l’activité physique et ont un cancer ou en ont eu un. Comme quoi, le comportement individuel n’est pas le seul à prendre en compte », expose Pierre Sujobert, l’un des professeurs sur l’estrade pour le tout premier cours sur les origines environnementales du cancer à destination de futurs oncologues de l’université d’Aix-Marseille.

Cette demi-journée a été introduite par Pierre Souvet, cardiologue et cofondateur de l’association Santé Environnement France. Après avoir soumis l’idée d’un cours sur la santé environnementale dans sa spécialité, il a contacté le doyen de la faculté de médecine de l’université d’Aix-Marseille pour l’étendre aux étudiants en pneumologie et en oncologie. « Notre métier, c’est dépister, soigner, mais aussi prévenir », lance le médecin pour donner le la à cette formation dispensée à une trentaine d’internes en cancérologie de la faculté.

Rendre les causes environnementales visibles

À sa connaissance, il s’agit de la première formation obligatoire spécifiquement dispensée aux futurs oncologues en France, alors que le cancer se politise de plus en plus, notamment via le mouvement Cancer Colère. Après les patients, au tour des médecins ?

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« La formation des médecins, en particulier en cancérologie, est dominée par les traitements, ils ne sont pas amenés à s’interroger sur les causes. Bien souvent, les oncologues ont choisi cette spécialité pour être dans l’action, il y a l’idée de faire régresser des maladies déjà établies, pas de les empêcher d’apparaître », dit Anthony Goncalves, responsable du département oncologie de l’université d’Aix-Marseille.

Derrière le pupitre de l’amphithéâtre, Pierre Sujobert…

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Auteur: Rozenn Le Saint