Pour se débarrasser du CO2 émis en masse par les zones industrielles, pourquoi ne pas l’injecter sous la mer ? C’est l’idée du projet Callisto (Carbon Liquefaction Transportation and Storage), immense réseau en Méditerranée dédié à la capture, au transport et au stockage de dioxyde de carbone. Une partie de ce CO2, issu des usines françaises, serait embarqué à Fos-sur-Mer, deuxième plus grande zone industrielle de France située entre Marseille et la Camargue et la Côte Bleue, et emmené jusqu’à l’Adriatique en passant par l’Italie. Il serait enfermé dans d’anciennes poches de gaz situées sous la mer, autrefois exploitées par le pétrolier italien ENI.
Ce dernier, ainsi que l’entreprise française Air Liquide, sont parmi les maîtres d’œuvre du projet Callisto. La Française se chargera du transport et de la liquéfaction du gaz capté dans les fumées des usines, probablement sur un site dédié à Lavéra, près de Fos. L’Italienne le réceptionnera pour l’enfouir. Démarrage prévu dans les mois à venir pour le CO2 issu des industries italiennes et à partir de 2029 pour celui importé de France.
Dans un premier temps, environ 4 millions de tonnes de gaz carbonique seraient injectées annuellement dans le sous-sol de la mer au large de Ravenne. Puis, au-delà de 2030, jusqu’à 16 millions de tonnes par an pourraient rejoindre le stockage géologique. Si en Italie, Callisto est prêt à démarrer, en France, on en reste au stade des annonces.
L’initiative a en tout cas été sélectionnée par la Commission européenne pour rejoindre la liste des « projets d’intérêt communs ». Cette dernière a fait du captage et stockage de CO2 (CCS) un élément incontournable de sa stratégie pour réduire les émissions industrielles de 90 % à l’horizon 2040. D’ici quelques mois, les industries du nord de l’Europe seront les premières à entreposer leur CO2 sous les eaux norvégiennes et…
Auteur: Nina Hubinet, Pierre Isnard-Dupuy

