Le MDMA, la psilocybine issue de champignons hallucinogènes, un dérivé de kétamine ou d’autres « psychédéliques » sont désormais autorisés dans certains pays contre la dépression ou le syndrome de stress post-traumatique, en association avec des psychothérapies. Une analyse des données montre que ces nouveaux traitements sont mis sur le marché malgré des niveaux de preuve insuffisants.
Abandonnées dans les années 70, les substances psychédéliques (hallucinogènes de type eskétamine (une molécule de la famille de la kétamine), psilocybine (le principe actif de champignons hallucinogènes) ou MDMA…) sont présentées comme une nouvelle manière de soigner les troubles psychiatriques en milieu médical.
Des antidépresseurs à base d’hallucinogènes déjà autorisés
Ainsi, en France comme aux États-Unis, des antidépresseurs à base d’eskétamine (et de dextromethorphane aux USA) ont été approuvés par les autorités de santé. En Australie, le MDMA et la psilocybine ont obtenu leurs autorisations de mise sur le marché pour traiter certaines pathologies.
Mais une analyse des connaissances existantes, coordonnée à l’université de Rennes, suggère que le niveau de preuve scientifique de leur efficacité reste insuffisant, alors même que ces molécules présentent des risques importants pour les patients (notamment des risques de mésusage ou encore reliés à des situations de vulnérabilité).
Un grand retour plutôt qu’une nouveauté
Les hallucinogènes sont présentés aujourd’hui comme une avancée dans le traitement des troubles psychiatriques sévères, tels que la dépression ou le syndrome de stress post-traumatique, parfois en association avec des psychothérapies.
En réalité, l’idée de les…
Auteur: Florian Naudet, Professeur en thérapeutique, Université de Rennes 1 – Université de Rennes

