C’est une décision sans précédent. En Ille-et-Vilaine, en Bretagne, les élus de la Commission locale de l’eau (CLE) ont voté l’interdiction des herbicides dans les parcelles de maïs à proximité des zones de captage d’eau potable, à partir de 2029. Objectif : préserver la ressource en eau potable, qui devient de plus en plus difficile à dépolluer, même pour les collectivités les mieux équipées. La décision a été adoptée lors du vote du nouveau schéma d’aménagement et de gestion des eaux (Sage), vendredi 21 mars, à Pont-Péan, près de Rennes.
Une victoire ? « Pas vraiment, juge Ludovic Brossard, élu à l’alimentation durable de la ville de Rennes et membre de la CLE. À l’origine, avec d’autres élus rennais, on avait plaidé pour une mesure beaucoup plus ambitieuse : la sortie totale de tout pesticide de synthèse sur tout le bassin versant de la Vilaine, ou au moins sur toutes les aires d’alimentation de captage. »
Mais la chambre d’agriculture qui siège à la CLE a tiré les négociations vers le bas, proposant l’interdiction des herbicides sur les parcelles de maïs à proximité des aires de captage « prioritaires », les plus sensibles au ruissellement et à l’érosion. Ce qui ne représente que 1,4 % de la surface du bassin versant de la Vilaine… Cette rivière, qui traverse le département du nord au sud, est particulièrement polluée du fait de l’agriculture intensive. Seules 8 % des masses d’eau de son bassin versant seraient en bon état, selon l’association Eaux et Rivières de Bretagne, déçue par le manque d’ambition de la mesure.
« On a tendance à voir le verre à moitié vide, mais cela reste malgré tout une avancée dans la protection des aires de captage d’eau potable », admet Ludovic Brossard. C’est même une première en France, alors que la ministre de la Transition écologique, Agnès Pannier-Runacher, s’apprête à présenter sa feuille de…
Auteur: Scandola Graziani

