Des impacts de balle sur la nageoire d'une orque : « Quelqu'un avait l'intention de la tuer »

Madrid (Espagne), correspondance

Alors qu’elle n’avait plus été observée depuis deux ans dans le détroit de Gibraltar, l’orque Toñi y a été repérée la semaine dernière. Mais, à la grande surprise des scientifiques, elle présentait sur sa nageoire dorsale une dizaine de blessures, qui pourraient être compatibles avec des impacts de plombs. « Nous connaissons bien Toñi, nous étions avec elle il y a quelques semaines et ces blessures n’étaient pas là, explique Janek Andre, fondateur des associations We Whale et Iberian Orca Guardians, qui ont donné l’alerte. C’est désolant de voir cette situation. »

Née en 1968, Toñi est considérée comme la plus ancienne matriarche connue de la population d’orques ibériques. Surnommée la Abuela (grand-mère), elle joue un rôle important pour la survie de cette communauté, en transmettant son savoir à un groupe menacé qui compte moins d’une quarantaine d’individus. La population d’orques ibériques est classée en danger critique d’extinction par l’Union internationale pour la conservation de la nature et comme vulnérable dans le catalogue espagnol des espèces menacées.

« Une agression intentionnelle contre une espèce protégée »

« Nous pensons qu’à un moment donné, quelqu’un est allé chercher une arme pour lui tirer dessus avec l’intention de la tuer », avance Alfredo López, biologiste au Centre de coordination pour l’étude des mammifères marins. « C’est une agression intentionnelle contre une espèce protégée. Ce n’est pas de la légitime défense ou quoi que ce soit de ce genre », ajoute le spécialiste, précisant qu’une blessure de ce type au niveau de la nageoire dorsale n’est pas mortelle, sauf en cas de complications.

L’ONG Sea Shepherd a lancé un appel à témoins avec une récompense de 10 000 euros pour toute personne ayant des informations en lien avec l’incident, alors que les autorités espagnoles ont…

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Auteur: Romain Chauvet