Comme nous l’évoquons ici, nous entamons, dans le cadre des lundisoir, un travail d’exploration et peut-être d’élucidation de ces concepts dont nous héritons : fascisme, autoritarisme, réaction, extrême-droite, libertarianisme, etc. Pour introduire ce travail, nous avons lu l’excellent livre de Pablo Stefanoni La Rébellion est-elle passée à droite ?. Dans l’article qui suit, nous revenons en détail sur les éclairages que le livre apporte et sur les pistes qu’il nous ouvre pour la suite.
1
Le livre de Pablo Stefanoni, paru il y a un an, à peine lu, à peine recensé et faiblement médiatisé en France, est devenu, depuis quelques semaines, tellement incontournable que certains, comme Marc Saint Upéry (son traducteur), n’ont pas hésité à le considérer comme « prophétique ». Stefanoni était l’un des seuls à s’être intéressé à des figures qui, il y a peu encore, paraissaient trop ubuesques et marginales pour envelopper une signification historique majeure. Par exemple, il accordait dans son livre de 2022 une place prépondérante à l’excentrique Javier Milei qui, au moment où il écrivait, se faisait surtout connaître par son histrionisme aberrant, ses postures provocatrices (« Je préfère la mafia à l’État »), et ses drôles de mises en scènes. Alors que le consensus libéral n’y voyait qu’un bouffon de plus , Stefanoni repérait en lui une mutation plus profonde, le dernier avatar d’un processus idéologico-historique, par lequel les théories anarcho-capitalistes de l’école autrichienne rencontraient la réaction conservatrice pour donner naissance à ce que le maître intellectuel de Milei, Murray Rothbard, appelait le « paléolibertarianisme », soit : « un libertarianisme sans libertinage » ou une forme de capitalisme radicalement antiétatique (« anarchiste ») mais ultraconservateur sur les mœurs. Ce qu’un libertarien plutôt progressiste, Jeffrey Tucker,…
La suite est à lire sur: lundi.am
Auteur: dev

