Son nom ne vous dit peut-être rien, pourtant, le prosulfocarbe est devenu le deuxième herbicide le plus utilisé en France, juste derrière le glyphosate. En 2023, 6 326 tonnes de ce désherbant utilisé en agriculture conventionnelle y ont été vendues.
Commercialisé par la multinationale agrochimique Syngenta, il est pulvérisé sur les champs de céréales d’hiver (blé, orge, avoine, seigle…) et de pommes de terre pour préserver leurs tout jeunes semis des herbes indésirées.
On savait que le prosulfocarbe contamine massivement certaines cultures biologiques, notamment le sarrasin, au point de pousser des agriculteurs à abandonner cette production. Des résidus avaient également été retrouvés dans le quinoa, les pommes et la roquette. On sait désormais qu’il ne s’arrête pas aux champs : il contamine aussi les fruits et légumes de jardins particuliers.
C’est le résultat d’analyses menées en novembre auprès de 25 personnes habitant dans cinq zones du Loir-et-Cher par le Groupement des agriculteurs biologiques du département (Gablec 41) avec la Fédération nationale d’agriculture biologique (Fnab) et Générations futures et publiées le 22 janvier dans une étude.
Résultats : le prosulfocarbe a été retrouvé dans 10 des 15 fruits et légumes testés. Il s’agit d’échantillons de pommes, de raisins et de poireaux. Dans 40 % des échantillons, les limites maximales en résidus ont même été dépassées de 2,6 fois jusqu’à 35 fois.
« Le prosulfocarbe a été retrouvé dans 10 des 15 fruits et légumes testés »
« Ces jardiniers amateurs concernés par ces dépassements ont donc consommé des fruits ou des légumes produits dans leur jardin avec des taux dépassant les limites autorisées pour la commercialisation ! » relèvent le Gablec 41, la Fnab et Générations futures.
Et d’après l’étude, plus on habite en zone rurale, plus la contamination est importante : les…
Auteur: Jeanne Cassard

