Vous avez peut-être découvert Gojira à la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de Paris 2024, lorsque le groupe a interprété « Ah ! Ça ira ! », partageant la façade de la Conciergerie avec la chanteuse lyrique Marina Viotti. Trois jours après la prestation, le groupe enregistre + 282 % d’écoutes sur Spotify en France et 129 % dans le reste du monde. La prestation vaut au groupe d’être nommé pour la quatrième fois aux Grammys et offre au metal une visibilité grand public exceptionnelle. Les clichés associés au metal pourraient-ils enfin s’atténuer ?
Formé en 1996 dans les Landes, Gojira s’est imposé comme un des leaders de la scène metal moderne grâce à sa capacité à mêler complexité musicale et textes empreints de préoccupations environnementales, sociales et philosophiques. Actif depuis près de 20 ans dans les musiques extrêmes longtemps marginalisées, Gojira est précurseur. La prestation aux JOP semble marquer une nouvelle étape dans la déstigmatisation du metal dans les yeux du grand public.
En prenant part à des causes engagées à l’instar de l’ONG de défense des océans Sea Shepherd, en accueillant des représentants de tribus amazoniennes dans les vidéos du groupe, en choisissant de limiter leur impact écologique au détriment de tournées et en assumant des prises de position sociales et environnementales fortes, les membres de Gojira questionnent des enjeux sociétaux. Loin des clichés sur un metal violent et mortifère, la famille est également centrale pour le groupe. Gojira montre que la scène metal intègre davantage de valeurs que ce que le grand public ne lui prête. Cela interroge l’image contre-culturelle du metal.
Une approche familiale et artisanale
Gojira a toujours été une affaire de famille. Les fondateurs, Joseph et Mario Duplantier, deux frères, sont rejoints…
Auteur: Emilie Ruiz, Maitre de conférences HDR, Université Savoie Mont Blanc

