Un soir de février, les élues sont accueillies par une haie d’honneur de manifestantes. C’est l’air peu surpris, presque blasé, que la plupart des représentantes avancent vers la porte du bâtiment de la communauté de communes de la région de Guebwiller, dans le Haut-Rhin, en Alsace. Certaines esquissent un sourire gêné ou bredouillent un « bonjour » poli.
« Démocratie ! Démocratie ! », scande la trentaine de manifestantes, la tête enfouie dans leur capuche pour braver la pluie. Le slogan a été improvisé quelques minutes avant l’arrivée du premier élu. Il faut bien innover, pour changer du classique « Des légumes, pas de bitume », inscrit sur les pancartes des membres d’Alternatives Daweid.
Depuis près de deux ans, ce collectif se réunit devant ce même bâtiment, peu avant que ne débute chaque conseil communautaire, qui se tient environ six fois par an. Il se mobilise contre la future zone d’aménagement concerté (ZAC) Daweid – d’après le lieu-dit où le projet devrait s’établir. En 2019, la collectivité avait acquis près de 28 hectares, l’équivalent d’une quarantaine de terrains de football, de terres naturelles et agricoles, autrefois destinées à la culture intensive de maïs.
96 % d’avis défavorables
Objectif de l’opération : vendre ces parcelles à des entreprises, afin de transformer la zone en pôle industriel et ainsi étendre une zone d’activité déjà existante. L’intercommunalité de 40 000 habitantes affiche un taux de chômage supérieur de 2 % à la moyenne départementale et la communauté de communes estime qu’environ 500 emplois seront créés. Même si, martèlent les opposantes, il n’existe aucune garantie que ces emplois bénéficieront aux habitantes.
« Les élus assurent qu’ils font jouer la démocratie, mais ils ne le font pas », soupire Eric Hueber, l’un des référents du…
Auteur: Agathe Di Lenardo

