Des livres sacrifiés pour entraîner l’IA

Des libraires européens voient affluer des commandes automatisées pour des ouvrages anciens, spécialisés et souvent invendus depuis des décennies. Achetés par des intermédiaires pour le compte d’entreprises d’intelligence artificielle, ces livres seraient numérisés puis détruits afin d’alimenter leurs modèles. Aubaine pour les bouquinistes, cette pratique soulève de nombreuses questions sur le droit d’auteur et la préservation du patrimoine écrit.

Depuis plusieurs mois, un étrange phénomène intrigue libraires et bouquinistes. Des milliers de  livres anciens et rares sont achetés, en masse, sur leur site en ligne. Selon la RTS, la Radio Télévision Suisse, « […] début mai, une librairie allemande de livres anciens recevait sur son site en ligne chaque nuit, entre 3h00 et 5h00 du matin, un nombre considérable de commandes automatisées d’ouvrages ».

Un évènement non isolé, car de nombreux confrères, notamment sur le réseau social Reddit, en font également constat. De la Nouvelle-Zélande, à l’Espagne, en passant par les Pays-Bas ou encore l’Australie et la Bulgarie, le même procédé a lieu.

Nouvel engouement pour les ouvrages anciens ?

Ce qui intrigue surtout les professionnels, ce sont les genres d’ouvrages sélectionnés : des livres peu recherchés, très spécialisés et invendus depuis des décennies, tels que des manuels techniques ou encore des livres de cuisine. Et chaque titre est méticuleusement acheté en un seul exemplaire.

Une méthode spécifique, rythmée, presque « algorithmique »… Plusieurs médias initient des enquêtes et portent alors leur regard sur les destinataires de ces commandes : Better World Books, World of Books et Zoom Books. Des centres de logistique basés aux États-Unis. Selon la RTS ou encore le média El Diario qui enquête sur le phénomène, ces sociétés seraient des intermédiaires logistiques pour des sociétés américaines spécialisées en IA. Mais une…

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Auteur: Mr Mondialisation