Nous vivons sur une planète de microbes. Peut-on les qualifier d’utiles ou d’inutiles ? Tout dépend du point de vue. Prenons quelques exemples autour de la nutrition, de maladies et de plantes pour y voir plus clair.
Les microbes peuvent être utiles, certes, mais utiles à qui ? À l’organisme qui l’héberge ? À lui seul ou, dans une vision anthropocentrée, par « cascades successives » à l’humain ? Et puis de quel microbe parle-t-on ? Virus ? Bactérie ? Champignon… ? Et doit-on considérer un microbe isolé ou toute une communauté ? Si, par exemple, on analyse le contenu de l’intestin d’un animal, on a toutes les chances d’y trouver un mélange de microbes interagissant à la fois entre eux et avec leur « hôte » dans des interactions de toutes sortes, qu’elles soient bénéfiques, défavorables et neutres. Nous vivons sur une planète de microbes. Il y a un milliard de bactéries dans un gramme de sol, un million de virus dans un litre d’eau de mer, ou encore entre 1000 et 20000 spores de champignons dans chaque mètre cube d’air. Les animaux et les plantes sont donc entourés en permanence de microbes, interagissent avec eux, et nombre de ces microbes sont très utiles.
Des microbes indispensables pour une bonne nutrition
Un premier exemple illustrant l’importance et l’effet bénéfique des bactéries sur la santé est lié à la dénutrition chez les enfants. On pourrait penser que la dénutrition est simplement due à un manque de nourriture. Et, en effet, pendant de nombreuses années, la seule réponse apportée à la dénutrition a été de donner de la nourriture aux personnes touchées. Jusqu’à ce que des recherches sur des jumeaux en Afrique révèlent une chose surprenante : certains enfants souffraient de malnutrition, alors que leurs frères et sœurs restaient en bonne santé, bien qu’ayant reçu la même quantité de nourriture. Plus surprenant encore, si l’on transfère des…
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Auteur: Gilles Béna, chercheur en microbiologie, Institut de recherche pour le développement (IRD)

