Les images ont fait le tour de la planète. Le 11 novembre, un groupe d’environ 300 militants, menés par des autochtones de la région du fleuve Tapajós, dans l’État amazonien du Pará, ont tenté de forcer l’entrée des négociations de la COP30, à Belém, au Brésil. Objectif : se faire entendre.
Engagé depuis un an dans la lutte de la communauté Tupinamba, à laquelle il appartient, André Marajó fait partie des militants qui, dans un « coup de sang », ont décidé de participer à cette action, en déviant le cortège de la manifestation qui se déroulait en parallèle en faveur de l’accès à la santé des populations autochtones. L’étudiant en archéologie, originaire de la région du fleuve Tapajós, raconte à Reporterre cette action guidée par le désespoir et la frustration.
Reporterre — Quel était le mot d’ordre de votre action du 11 novembre ?
André Marajó — Nous voulions signaler que nous sommes les personnes qui devraient réellement être en train de discuter du climat. Notre région du fleuve Tapajós a été vendue d’un trait de plume, pour la construction de voies navigables [en août, le président brésilien Lula a signé un décret ouvrant la voie à la privatisation de plusieurs voies navigables en Amazonie, dans l’idée de faciliter le transport des combustibles et des produits agricoles]. Le projet menace quatorze ethnies autochtones de la région, en plus des communautés ribeirinhas [installées au bord des fleuves] et quilombolas [fondées par des esclaves en fuite].
« J’ai le droit de demander des comptes,
d’être entendu »
Or, nous subissons déjà un impact très important de l’exploitation minière, qui contamine l’eau des populations autochtones. L’eau, c’est la vie, et sans eau, nous ne survivons pas. L’année dernière, la ville de Santarém [au bord du fleuve Tapajós] enregistrait la pire qualité de l’air au monde, à cause de la fumée…
Auteur: Raphaël Bernard

