Compiègne (Oise), reportage
Ils sont arrivés dans la nuit du 28 au 29 janvier, ont accroché hamacs et bâches entre les branches de deux imposants platanes bordant une route très fréquentée de Compiègne dans l’Oise. Les cinq « écureuils » — le nom des militants qui occupent des arbres pour les défendre — se sont installés là pour protester contre le Canal Seine-Nord Europe. Un désastre écologique et un non-sens économique, assurent-ils. Deux cents mètres plus loin se trouve le siège de la Société du canal, créée pour porter ce titanesque projet d’aménagement fluvial.
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Long de 107 kilomètres, large de 54 mètres, ce canal doit relier le département du Nord et Compiègne en passant par l’est de la Somme. Le projet a trente ans, le chantier a commencé en 2022. Le but : créer une liaison pour les péniches grand gabarit pouvant transporter 4 400 tonnes de fret à bord.
« C’est un projet néolibéral pour fluidifier les échanges »
Ses défenseurs mettent en avant sa dimension écologique : un million de camions en moins sur les routes et 50 millions de tonnes de CO2 évitées en quarante ans, indique la communication.
3 200 hectares artificialisés, 300 espèces protégées menacées et 35 millions de mètres cubes d’eau accaparés, répondent les opposants. Au pied des arbres occupés, une petite équipe de membres du collectif Mégacanal non merci présente ses arguments aux passants.
« Sur le papier, on peut se dire “c’est fluvial donc c’est chouette”, mais ça ne fait pas tout », résume Sarah. Jean est du même avis, et rappelle qu’un canal existe déjà mais qu’il est sous-utilisé. « On a un grand manque d’infrastructures — des péniches, des quais… — et de bateliers et batelières, qui expliquent avoir besoin que les voies soient entretenues pour que les industriels puissent charger leur…
Auteur: Claire-Marine Selles

