Samedi 15 octobre, c’est la 14e édition du Jour de la Nuit. Un événement national de sensibilisation à la pollution lumineuse, à la protection de la biodiversité nocturne. À cette occasion, Reporterre publie une série d’articles pour comprendre pourquoi il faut préserver notre ciel étoilé.
À Chambéry, Colmar, Agde ou encore Nevers, ce week-end de la mi-octobre est celui de la transition. Comme dans de nombreuses communes françaises, les élus ont choisi d’éteindre l’éclairage public la nuit. Dans certains quartiers de Metz, la bascule a eu lieu le 12 octobre. À Trouville-sur-Mer c’était le 9 et à Saint-Brieuc le 5. Dans la Vienne, 240 communes (sur les 260 du département) ont aussi coupé la lumière le 3 octobre. Et la liste est encore longue.
D’autant que d’autres agglomérations pratiquent l’extinction nocturne de longue date, comme Saint-Nazaire depuis 2018 ou plus récemment Strasbourg (depuis mars). Selon un rapport de l’Agence de la transition écologique (Ademe) de 2021, 40 % des communes métropolitaines éteignent certains éclairages une partie de la nuit.
Économies d’énergie, santé retrouvée, biodiversité préservée
L’objectif premier de ces nouveaux adeptes : les économies d’énergie. Car l’heure est à la sobriété. L’éclairage public pèse pour un tiers du budget électricité des collectivités (32 %), a souligné Maud Lelievre, déléguée générale de l’association Les Éco Maires, à l’occasion d’un point presse le 13 octobre. Et face à la flambée des prix de l’énergie, les économies envisagées devraient permettre de se maintenir à flot.
« Depuis que nous travaillons cette question, notre facture est restée stable alors qu’en parallèle le prix du kilowatt-heure (kWh) n’a fait qu’augmenter », explique Pierre Ozenne, adjoint au maire de Strasbourg. Alors que la consommation électrique de la ville a chuté de 17 GWh en 2010 à 11,76 GWh en 2021, la facture, elle, est passée de 1,4 million d’euros à 1,7 million d’euros, alors que le prix du kWh a quasiment doublé entre-temps. En clair, l’extinction a permis d’éviter l’explosion du budget.
Mais les vertus de l’obscurité ne sont pas seulement pécuniaires. Celle-ci est aussi essentielle à la santé et à la préservation de la biodiversité. Ainsi, de nombreux travaux ont montré que l’alternance de phases d’obscurité et de lumière accompagne notre horloge biologique et nos productions hormonales, pour un meilleur sommeil et une activité physique et cérébrale…
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Auteur: Violaine Colmet Daâge Reporterre

