Les experts de l’énergie ont longtemps pensé que si nous ne parvenions pas à mettre en place une transition écologique, celle-ci s’imposerait à nous lorsque nous finirions par épuiser les réserves de pétrole conventionnel. Mais cette transition pourrait à son tour être compromise par la limite des stocks de minerais nécessaires pour la mener à bien, alerte une étude publiée le 7 août dans la revue Nature Climate Change. Des métaux comme l’indium, l’étain, le cadmium et le tellure, essentiels pour l’énergie photovoltaïque, éolienne ou nucléaire, pourraient venir à manquer.
En examinant les quantités de ressources nécessaires pour rendre possibles les 557 scénarios de transition examinés par le Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (Giec), le groupe de chercheurs de l’Institut de technologie de Pékin a estimé que 40 minerais essentiels risquaient des pénuries. « Tous les scénarios de transition se confrontent à des risques de pénuries globales de minerais d’ici 2100 », écrivent-ils. Dans les plus pessimistes d’entre eux, jusqu’à douze minerais nécessaires à la transition seraient concernés par des pénuries.
Des recherches incomplètes jusqu’à présent
Les chercheurs soulignent aussi un autre enjeu : ces pénuries pourraient frapper plus durement certaines régions que d’autres. Dans leurs scénarios, le Moyen-Orient et l’Afrique connaissent des pénuries plus importantes, concernant jusqu’à 24 minerais.
Si l’alerte n’avait pas été donnée jusque-là, c’est que les recherches portant sur le « nexus climat-ressources », c’est-à-dire l’équilibre entre l’évolution du climat et l’extraction de ressources, étaient pour l’instant incomplètes, d’après les auteurs de l’étude.
« Trouver un équilibre entre les ambitions climatiques et les contraintes de ressources »
Jusqu’à présent, la réflexion se concentrait…
Auteur: Nicolas Celnik

