Des personnes sans-abri aux salariés de France Travail : la mobilisation du Samu social s'étend

Vêtue d’une robe beige à fleurs, Alicia, 18 ans, s’évente à l’ombre d’un haut bâtiment vitré du 13e arrondissement de Paris. Elle se tient aux côtés de Maya Morel, 23 ans, l’une contre l’autre assises sur un long sac à dos gris qui rassemble leurs affaires communes. Maya rapproche de temps à autre sa tête de celle d’Alicia, dans un geste de tendresse. Il y a trois jours, Alicia a fait un malaise, et vomi plusieurs fois dans la rue. Maya a appelé les pompiers. À l’autre bout du fil, le médecin urgentiste régulateur lui a tout de suite demandé : « Qu’est-ce que vous faites à la rue ? »

« Quand je lui ai répondu que je ne comprenais pas cette question, que ça ne le regardait pas, il m’a lancé : “Ne me parle pas comme ça, je suis pas ton pote, maintenant tu m’écoutes et tu fermes ta gueule.” Il m’a demandé l’âge de ma copine, pour me dire : “Elle a 18 ans, donc, tu te démerdes”, et il a raccroché », témoigne Maya, encore choquée de l’interaction.

Maya est à la rue depuis ses 17 ans. « J’ai traversé toute la France. En cinq ans, je n’ai jamais eu un hébergement. Impossible d’avoir une vie stable, un travail stable. Je ne pourrais pas vous dire combien d’heures j’ai passé à appeler le 115. C’est incommensurable », retrace d’une voix douce Maya, yeux noirs et piercing doré au nez. « Quand on appelle le 115, on en a pour 4 heures d’attente. Puis, on rappelle plusieurs fois. Au bout de 10 heures comme ça, on a même pas de réponse. »

Pendant la canicule, Alicia et Maya ont tenté de se protéger avec des voiles sur la tête, en restant dans l’ombre de recoins en bord de Seine, où la température était un peu plus basse. Avec quelques passages à l’Académie du climat, non loin du fleuve, pour y trouver la fraîcheur « de brumisateurs publics », précise Alicia, et des distributions de repas.

Aujourd’hui, iels sont venues soutenir la grève du…

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Auteur: Maïa Courtois

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