Face aux dangers sanitaires et environnementaux des PFAS — ces polluants éternels qui se disséminent partout dans l’environnement —, l’Agence européenne des produits chimiques (Echa) a demandé, dans un avis du 26 mars, des restrictions plus fortes sur l’autorisation de ces substances. Mais elle a écarté celles utilisées en agriculture, au prétexte qu’elles ont une règlementation propre. Au niveau français, les pesticides ont également été exclus de la proposition de l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) d’élargir la surveillance des PFAS, selon le même argument.
Or, 12 % des substances actives des pesticides de synthèse autorisés dans l’Union européenne sont des PFAS, selon un rapport de l’association Générations futures et du réseau Pesticide Action Network Europe (PAN Europe). La présence de PFAS dans les pesticides résulte de l’introduction par les industriels de groupes carbone-fluorure (-CF3) pour renforcer l’efficacité et la persistance des substances actives.
Renvoyer le contrôle des PFAS en agriculture à la règlementation sur les pesticides est une mauvaise nouvelle, tant cette dernière est mise à mal. En particulier l’Omnibus X, ce train de lois sur la sécurité alimentaire proposé par la Commission européenne en décembre 2025, qui prévoit, au nom de la simplification administrative, d’accorder des autorisations « éternelles » à certaines substances actives de pesticides. C’est-à-dire qu’elles ne seraient plus réévaluées périodiquement comme c’est le cas actuellement.
Interrogé par les députés des Pays-Bas le 26 mars, Klaus Berend, haut fonctionnaire de la Commission européenne chargé des pesticides, s’est d’ailleurs révélé incapable de fournir la moindre garantie objective que la réforme Omnibus X ne dégraderait pas la protection de la santé et de l’environnement.
Approbation illimitée
« Parmi elles, quatre substances
Auteur: Magali Reinert

