Au vu de l’enjeu — des tonnes de déchets toxiques épandus dans des champs agricoles — les détails sont attendus. Le 9 avril, le gouvernement officialisait, enfin, la mise en place d’une campagne nationale d’analyses de PFAS dans les boues d’épuration issues des stations de traitement des eaux usées urbaines et industrielles. Celles-ci sont couramment utilisées en agriculture comme fertilisants et contiennent des polluants dits éternels, car ils ne se dégradent pas, et dangereux pour la santé humaine.
Reporterre et Disclose ont analysé le document de travail du gouvernement, un projet de circulaire — également obtenu par Contexte — dont la date de publication est encore inconnue. Le texte doit permettre de lutter contre cette source potentielle « de contamination des sols, […] des denrées alimentaires et des ressources en eau », sur laquelle la connaissance reste « très parcellaire ».
Des seuils limites
Le document clarifie les seuils retenus pour juger de la qualité des boues, calqué sur ceux fixés en Wallonie (Belgique). « C’est une bonne nouvelle, dit un cadre d’un groupe spécialisé dans le traitement des déchets, sous anonymat. Nous avions peur que les seuils soient trop hauts pour être efficaces. » Selon lui, cette avancée se faisait attendre de longue date. « Il est clair que la récente campagne médiatique a tout débloqué », affirme-t-il.
En février, une enquête de Disclose et France 3, publiée en partenariat avec Reporterre, révélait que près d’un quart des plus gros émetteurs de PFAS ont valorisé (épandage, compostage…) leurs déchets en agriculture.
Le projet de circulaire indique que si la concentration dépasse 40 microgrammes par kilo (µg/kg) pour la somme des 6 PFAS jugés les plus dangereux, ou 400 µg/kg pour un ensemble de 22 PFAS, les boues devront être incinérées ou enfouies. Cette limite est temporaire : le Haut Conseil de la santé publique…
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