Des pistes vers un microbiote artificiel qui aiderait notre microbiote naturel

Les animaux utilisent des substances chimiques appelées phéromones pour communiquer entre eux, attirer des partenaires, marquer leur territoire et signaler un danger. Les plantes, elles, libèrent des composés organiques volatils pour attirer les pollinisateurs et repousser les prédateurs. Ce type de communication à l’aide de molécules, connue sous le nom de « communication moléculaire », est également utile à l’homme, mais d’une manière qui passe inaperçue : c’est grâce à elle que les milliards de bactéries naturelles qui vivent à l’intérieur de notre corps et sur notre peau peuvent interagir.

En effet, le microbiote humain – les bactéries naturelles présentes dans le corps humain – utilise des molécules de « quorum sensing » pour s’organiser et communiquer avec leur hôte humain. Le microbiote est crucial pour notre santé, car il intervient dans un grand nombre de processus physiologiques, notamment la digestion et la régulation du système immunitaire. Notre microbiote produit également des hormones et d’autres molécules essentielles.

Le microbiote intestinal affecte en particulier le système nerveux central et influence l’humeur, le comportement et la cognition de l’hôte par l’intermédiaire de l’« axe intestin-cerveau », un réseau complexe qui relie intestin et cerveau par le biais de voies de signalisation impliquant des molécules.

La symbiose hôte-microbes et l’axe intestin-cerveau dans la santé et la maladie (Institut du Cerveau, Paris Brain Institute).

Cette communication basée sur les échanges de molécules au sein de l’organisme est essentielle au maintien de l’homéostasie (c’est-à-dire la stabilité cellulaire) et a été associée à de nombreux processus physiologiques tels que le développement neuronal et le métabolisme de la dopamine. À l’inverse, toute défaillance dans ces réseaux de communication ou dans la santé…

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Auteur: Özgür Barış Akan, Professor in electrical and electronics engineering, University of Cambridge, head of the AXA Chair on Molecular Information and Communication Technologies, Koç University

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