« Dès que la police n’a plus de comptes à rendre, l’abus de pouvoir est garanti »

« Police et politique se rattachent à la même racine. C’est de la vie de la cité dont on parle. Alors effectivement on peut parler de doctrine, de gestion d’hommes et de femmes. On peut parler d’ordre, de consignes. Mais le véritable intérêt c’est l’espace public. Qu’est-ce que l’espace public ? À qui il appartient ? À qui est la rue ? » interroge le réalisateur.

Ces questionnements l’animent profondément et l’ont amené à plusieurs reprises sur des plateaux télévisés.

« La grande difficulté c’est d’arriver sur un plateau pour essayer d’expliquer la relation police-politique, et l’une des premières choses qu’on vous demande c’est : est-ce que vous êtes contre les violences et lesquelles ? », raconte à ce sujet David Dufresne.

« C’est donc très difficile d’avoir un débat au-dessus. Vous êtes amenés malgré vous à répondre à la question : Ce sont des bavures ou non ? Des dysfonctionnements ou pas ? Et vous dites : Non mais moi ce qui m’intéresse c’est le système ! »

Au fil de son travail, celui-ci s’est de plus en plus intéressé à la nature-même de la police, davantage qu’à ses usages ou son habitus.

« L’argument martelé est que ‘La police est républicaine, donc elle défend la république’. Donc si vous critiquez la police, vous êtes contre la république. Et même aujourd’hui, c’est plus que ça : ‘Elle agit au nom de la Constitution, le texte suprême’. Quelqu’un qui critique la police devient alors un suspect, un mauvais citoyen. »

Pour David Dufresne, cette manière de fermer le débat empêche de se pencher sur le véritable problème.

« C’est une très belle question que pose…

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Auteur: Marine Wolf

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