On a recommandé ici, depuis quinze jours, deux beaux et forts livres, dont le prix, on le craint, a pu rebuter celles et ceux qui parmi nous – et on les sait nombreuses et nombreux – doivent mesurer chaque dépense, merci qui ? Merci, Macron. Voici donc, pour cette ultime chronique de la saison, deux derniers romans au format de poche, et donc plus accessibles.
Pierre Bordage, prolixe figure tutélaire de la science-fiction française, est, comme le sait quiconque a lu, par exemple, sa fière série des Derniers Hommes (publiée en feuilleton, au début des années 2000, par les éditions Librio) ou sa non moins remarquable trilogie de L’Enjomineur (1), tout à fait à son aise dans toutes les sous-catégories de ce genre littéraire majeur et si politique, de la fantasy au space opera.
Disponible chez J’ai lu.
Avec Le Dixième Vaisseau (2), il signe un dépaysant conte spatial de belle facture, dont l’intrigue, d’un classicisme éprouvé mais redoutablement efficace – un réprouvé se voit offrir une seconde chance sous la forme d’une mission dangereuse à travers l’univers –, est aussi prétexte à moult réconfortantes méditations, comme celle-ci : « Comme la loi interdisait de tuer ou d’exploiter les créatures terrestres ou océaniques au nom de la solidarité entre espèces sensibles, on ne mangeait ni chair ni alimentation animale. »
J’ai lu, 512 pages, 9,10 euros.
Changeons d’ambiance et relevons que le polar situé durant le IIIe Reich est devenu, depuis les si mérités succès de feu Philip Kerr – qui était quant à lui britannique –, une sous-division à part entière de la…
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Auteur: Sébastien Fontenelle

