Des routes à base de noyaux d’olive : Barcelone veut piéger le CO₂ sous l’asphalte

La révolution du « béton vert »

Sélectionné officiellement au printemps 2026 dans le cadre d’un défi d’innovation urbaine porté par la mairie de Barcelone et la fondation BIT Habitat, ce projet pilote propose de redéfinir la fabrication des voiries. Le principe technique repose sur la substitution du minéral traditionnellement utilisé pour le béton (calcaire, silice, metakaolin…) par du biochar.

Ce charbon végétal est fabriqué grâce à un procédé thermique appelé pyrolyse : les noyaux d’olives sont chauffés à haute température dans une enceinte totalement privée d’oxygène, ce qui les empêche de brûler en cendres et transforme leur structure en un charbon stable, extrêmement riche en carbone pur.

Cette méthode change radicalement l’impact environnemental du matériau. Durant sa croissance, l’olivier a capté du dioxyde de carbone dans l’air. Habituellement, lorsque le noyau est jeté ou incinéré, ce CO2 retourne immédiatement dans l’atmosphère. Mais en le transformant en biochar, ce carbone est bloqué sous forme solide.

Après sa production par pyrolyse — un procédé consistant à chauffer la matière en conditions de faible teneur en oxygène pour créer un matériau riche en carbone au lieu de libérer du CO₂ —, le biochar est obtenu. Crédit : BIT Habitat

En l’enfouissant directement dans l’asphalte, la route se transforme en un coffre-fort géant qui conserve définitivement ce carbone pour des décennies, au lieu de le relâcher.

Après une phase de recherche appliquée et de prototypage menée jusqu’en septembre 2026 qui ont conclu à la réduction de 75% de l’empreinte carbone par rapport aux enrobés traditionnels, les premiers tests grandeur sur le terrain ont débuté et se poursuivront jusqu’en 2027.

En plus d’agir comme un véritable puits de carbone pérenne en valorisant les déchets de l’industrie oléicole locale, ce matériau optimise les propriétés thermiques des…

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Auteur: Léonore Suied