Des scientifiques dressent le bilan de santé de la planète, et c'est dramatique

Imaginez que vous soyez en train de perdre vos dents, vos muscles, votre mémoire, de faire une crise de foie et d’avoir des défaillances cardiaques. Que les meilleurs médecins du monde réunis vous disent que tout cela est dû à votre régime alimentaire mais que vous décidiez de ne rien changer. Parce que c’est trop bon.

C’est à peu près l’état du monde en 2026. Dans leur rapport annuel sur l’état du climat 2026, publié le 14 octobre dans la revue BioScience, une équipe internationale de chercheurs dresse l’état des connaissances scientifiques sur seize « signaux vitaux » du climat de la planète.

Sept d’entre eux atteignent actuellement des niveaux extrêmes record et plusieurs autres montrent des signes de dégradation accélérée ou de bascule soudaine. La déstabilisation rapide du système climatique terrestre « n’est plus une alerte pour le futur ; c’est un diagnostic pour le présent », écrivent les scientifiques en guise d’introduction.

Catastrophes record en pagaille

Le premier et plus emblématique des indicateurs dans le rouge, c’est la concentration de CO2 dans l’atmosphère. En mai 2026, elle atteignait 428 ppm (parties par million), un niveau inédit depuis au moins 2 millions d’années, soit bien avant l’apparition de notre espèce, jeune de 300 000 ans à tout casser. Le chiffre, déjà vertigineux, est même conservateur, d’autres études estimant que ce niveau de concentration de CO2 pourrait être inédit depuis au moins 14 millions d’années.

Conséquence, le réchauffement global s’aggrave. Et il semble même s’accélérer. Jusqu’aux années 1970, la planète gagnait environ 0,05 °C par décennie, puis 0,19 °C jusqu’en 2010 avant d’atteindre, depuis cette date, le rythme effréné de 0,36 °C par décennie selon certaines estimations. Si la tendance se poursuit, nous pourrions dépasser les 2 °C de réchauffement avant 2050, alertent les auteurs.

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Auteur: Vincent Lucchese