Ce cours d’eau, témoin silencieux des troubles de la municipalité de Mapiripán, a tout vu : le trafic d’animaux sauvages, les récoltes de coca qui ont alimenté le conflit, les corps humains laissés derrière lors d’un massacre odieux et l’érosion incessante de la forêt tropicale qu’il nourrissait autrefois.
Aujourd’hui, Sandra espère qu’il permettra d’effacer la douleur du passé et d’ouvrir une ère de guérison pour sa communauté et sa terre.
Mapiripán est depuis longtemps prisonnier d’un cycle de conflits et de dégradation de l’environnement, exacerbé par le changement climatique. Il y a de nombreuses années, la région était connue pour son commerce illégal de fourrures d’animaux sauvages ; plus tard, elle est devenue une région de culture de la coca, attirant des groupes armés qui ont transformé la forêt tropicale luxuriante en champ de bataille.
Promesse de prospérité
Jeune, confrontée à l’extrême pauvreté et à la violence, Sandra est arrivée à Mapiripán au début des années 2000, attirée par une promesse de prospérité.
« Il y a eu un boom économique, se souvient-elle, mais il provenait des cultures illicites – il n’y avait pas d’autre moyen de vivre ».
Mais la prospérité de la région a été de courte durée. Le conflit a fini par s’intensifier et le commerce de la coca s’est effondré, laissant la communauté en ruines.
« Nous avons vécu à la fois dans la prospérité et dans le conflit », explique Sandra, la voix tremblante lorsqu’elle raconte les expériences pénibles qu’elle a vécues en se cachant des groupes armés.
En 2009, la plupart des habitants des communautés rurales de la région ont été contraints de partir.
Beaucoup, dont Sandra, sont revenus après la signature de l’accord de paix en Colombie en 2016, qui a mis fin à une insurrection rebelle de plusieurs décennies.
Mais les terres, marquées par le conflit et les cultures non durables, peinent désormais à produire.
Boom de la déforestation
En…
Auteur: Nations Unies FR

