La mort récente d’une femme mineure, H Xuân Siu, membre de la minorité ethnique Jarai de DakLak, au Vietnam, qui avait été recrutée pour travailler comme domestique en Arabie Saoudite, a choqué le monde. Plus de détails, exposés sur Facebook par sa belle-sœur et d’autres organes de presse, révèlent un système transnational d’exportation de main-d’œuvre exploitant qui envoie des femmes jeunes et âgées des régions pauvres du Vietnam travailler comme domestiques dans les maisons privées de leurs sponsors de visa dans les États du Golfe. En 2020, près de 7 000 femmes étaient employées comme domestiques pour des familles saoudiennes. Alors que le Covid-19 exacerbe la vulnérabilité de tous les travailleurs migrants à l’étranger, c’est pire pour les travailleuses domestiques car elles sont invisibles et isolés dans les maisons de leurs employeurs, et sont complètement à la merci de leurs patrons. Le système Kafala (parrainage de visa) dicte les conditions d’emploi des travailleurs étrangers invités dans les États du Golfe. Dans le travail domestique, le parrain est le chef de ménage et aussi l’employeur, dont l’autorité est incontestée et non contrôlée. Les travailleurs domestiques sont liés aux parrains d’origine qui peuvent les expulser s’ils ne sont pas satisfaits de leurs services, ou les transférer d’un ménage à un autre sans le consentement des travailleuses (une pratique endémique pendant le Covid-19). Les employées ne peuvent pas s’aventurer à l’extérieur car leurs passeports sont confisqués par leurs employeurs dès qu’ils mettent le pied dans les pays de destination. Dès lors, beaucoup d’entre elles sont traitées comme des esclaves, ne sachant pas si elles seront payées ou non, souffrant de la faim et subissant des abus physiques et sexuels jusqu’à ce qu’elles parviennent à retourner au Vietnam.
H Xuân Siu n’avait que 16 ans lorsqu’elle a été recrutée par VINACO, une société de recrutement au Vietnam membre de VAMAS, une association vietnamienne de fourniture de main-d’œuvre sanctionnée par le ministère de l’Intérieur depuis 2003. VINACO aurait menti sur son son âge afin de l’envoyer travailler en Arabie Saoudite. Après deux ans de travail là-bas, elle a demandé à rentrer chez elle mais est décédée d’une insuffisance cardiaque à 18 ans. Mais, avant de mourir, elle a pu témoigner des violences physiques et sexuelles que lui a fait subir son patron, des témoignages qui ont été enregistrées lors de conversations téléphoniques…
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Auteur: Angie Ngọc Trần Le grand soir

