Hors du cadre scolaire, immergés dans un milieu naturel, loin de leurs tables et crayons, comment les enfants apprennent-ils et qu’apprennent-ils ? L’expérience des classes de mer nous montre en quoi la confrontation à l’extérieur aide aussi à grandir.
La scène se passe en Bretagne, à la pointe sud du Finistère. « Le phare s’appelle la perdrix », explique l’éducatrice à un groupe d’écoliers en visite dans la région. « Le phare de la perdrix », répète alors un enfant. « Non, “la perdrix”, ce sont les touristes qui disent “le phare de la perdrix” », corrige l’éducatrice. « On est des touristes », insiste l’enfant. « Vous n’êtes pas des touristes, vous êtes en classe de mer », lui explique son interlocutrice. « On est des touristes », réitère l’élève.
Malgré l’insistance de l’éducatrice en milieu marin pour définir la situation, les enfants persistent à se revendiquer en touristes, ce qui dans leur bouche n’est pas négatif. Des entretiens ont permis de comprendre que, pour eux, le tourisme renvoie à la confrontation à quelque chose de différent, d’autre, à la découverte.
Ces propos d’enfants sont issus d’observations et d’entretiens menés dans le cadre d’une recherche sur les classes de mer en Finistère, département où sont nées ces classes de découverte à la suite d’autres plus anciennes, en particulier les classes de neige. Elle a permis de mettre en lumière une expérience de plusieurs décennies souvent oubliée alors qu’aujourd’hui, à la suite de la crise sanitaire due au Covid, est mis en avant l’intérêt de la « classe dehors ».
Que nous apprennent les classes de mer, ces immersions dans un milieu naturel, sur les apprentissages qui s’appuient sur des corps en mouvement, bien loin des corps immobiles de la classe ordinaire ?
Tourisme scolaire et vacances d’école
Ces classes de mer proposent des activités proches pour ne pas…
Auteur: Gilles Brougère, Professeur émérite en sciences de l’éducation, Université Sorbonne Paris Nord
