Édimbourg (Écosse), correspondance
Glasgow est en ébullition. Cette ville de l’ouest de l’Écosse hébergera, du 31 octobre au 12 novembre, la vingt-sixième Conférence des parties à la Convention des Nations unies sur le changement climatique (COP26). Ce raout mondial sur le climat rassemblera 150 000 personnes, dont 120 chefs d’État et près de 25 000 délégués. L’occasion pour l’Écosse de se positionner comme bon élève du climat, malgré des projets pétroliers au large de ses côtes.
Nicola Sturgeon, la cheffe du gouvernement indépendantiste, est en effet en position de force. Elle a été réélue haut la main aux dernières élections législatives écossaises de mai dernier et en a profité pour former une alliance inédite avec les Verts, qui ont remporté 8 sièges au Parlement écossais (contre 64 pour le parti indépendantiste). Après de longues négociations au cours de l’été, un « accord de coopération » a été trouvé fin août entre le SNP et le Green Party, et les deux leaders du parti Vert ont été nommés au gouvernement. Patrick Harvie, député depuis 2003, a été nommé ministre du Zéro carbone et des Transports actifs tandis que sa collègue, Lorna Slater, élue députée pour la première fois en mai dernier, a été promue ministre des Compétences vertes, de l’Économie circulaire et de la Biodiversité.
La Première ministre Nicola Sturgeon présente ses objectifs pour la COP26. Scottish governement
L’arrivée des écologistes au gouvernement va-t-elle changer la donne ? Certes, l’Écosse s’est imposée d’atteindre la neutralité carbone en 2045 (soit cinq ans plus tôt que le Royaume-Uni). Mais jusqu’ici, « le pays a manqué ses objectifs climatiques trois années de suite », pointe Ryan Morrison, des Amis de la Terre en Écosse. Pour se rattraper, la Première ministre a annoncé une nouvelle feuille de route climatique, qui devrait être publiée début 2022. « Nous devons nous surpasser dans les années à venir afin de compenser notre retard », a-t-elle reconnu. Le 7 octobre, le gouvernement a détaillé son plan pour décarboner le secteur du logement, qui représente à lui seul 20 % des émissions de gaz à effet de serre du pays. Au programme : déploiement massif de réseaux de chauffage urbain, isolation des maisons et installation de pompes à chaleur. L’objectif ? Avoir 1 million de foyers bas carbone (le pays compte 5 millions d’habitants) d’ici 2030. L’exécutif prévoit également d’interdire la construction de nouvelles…
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Auteur: Lou-Eve Popper Reporterre

