Avec une production annuelle de 132 millions de livres de sirop d’érable dont la valeur est estimée à près de 393 millions de dollars, le Québec compte pour 89 % de la production canadienne des produits de l’érable.
Or, les vents violents qui ont balayé le sud du Québec dans les cinq dernières années ont causé des dégâts inquiétants pour les érablières et la production acéricole.
Dans certains secteurs, les érablières ont perdu jusqu’à 20 % de leurs arbres. Et ces arbres perdus sont souvent les érables matures utilisés pour la production de sirop.
Ces évènements météorologiques extrêmes semblent être de plus en plus fréquents. Ils réduisent le nombre d’érables qui peuvent être exploités pour la production acéricole, endommagent les systèmes de tubulures qui transportent la sève vers le lieu de récolte, et obligent finalement à réorganiser les entailles et les lignes de transport de la sève.
Les pertes en revenu et en équipement sont importantes, surtout quand les tempêtes surviennent à l’approche de la saison des sucres.
Les productrices et producteurs acéricoles s’interrogent sur l’évolution de tels évènements dans un contexte de crise climatique et sur les pistes d’action possibles.
Chercheurs spécialisés en écologie forestière et en biomécanique de l’arbre, nous proposons d’apporter un éclairage sur la nature de ce risque et les moyens d’y faire face. La mise en oeuvre de cet article est issue d’un travail de collaboration réalisé à l’Université du Québec à Chicoutimi.
Quels sont les dégâts causés aux arbres par le vent ?
Les dommages que peuvent infliger les vents forts aux arbres sont multiples. Dans un premier temps, les feuilles et des branches peuvent être arrachées, soit directement par des bourrasques ou indirectement à la suite de collisions avec des arbres voisins. La perte de feuilles et de branches n’est pas mortelle pour les arbres et peut…
Auteur: Félix Hartmann, ingénieur de recherche en modélisation de la croissance des plantes, Inrae

