« Le village qui résiste encore et toujours à l’envahisseur existe vraiment : il s’appelle Reichstett. » En février, une vidéo a rapidement fait le tour des fils Instagram alsaciens, relayée par des organisations locales et des militants écologistes. Face caméra, Colin Johner, 24 ans, y détaille le projet de l’entreprise Tepsa d’installer un site de stockage de gaz naturel liquéfié sur le territoire de la commune où il a grandi. « Les habitants, les mairies du coin et l’Eurométropole de Strasbourg s’y sont opposé donc… le projet a été autorisé », ironise-t-il. Courte et pédagogue, la vidéo est vue plusieurs dizaines de milliers de fois en quelques jours et offre un second souffle à une lutte locale jusqu’alors confidentielle.
Tout commence à Reichstett, commune de 4 700 habitants au nord de Strasbourg, en septembre 2024. Bruxellois d’adoption, Colin profite d’un passage chez sa mère, Ninon, pour l’accompagner à l’assemblée générale de l’association Préserver Reichstett et ses environs. Celle-ci a été créée en 2016 pour lutter contre des projets de géothermie profonde mené par Fonroche. Cette fois-ci, elle s’inquiète du projet de Tepsa d’installer un stockage de gaz naturel liquéfié (GNL) sur le site de l’ancienne raffinerie de la commune, devenu un dépôt pétrolier classé Seveso seuil haut. Ces cinq cuves contiendront 3 830 tonnes de GNL, à 800 mètres de l’écoquartier de la commune et feront peser un risque d’explosion sur les riverains. Les habitants supporteront les nuisances liées au projet… sans en tirer aucun bénéfice, dénoncent les deux frères.
Toucher un public plus jeune et plus large
« À cette réunion, il y avait des gens plutôt âgés qui avaient déjà tout essayé et un peu baissé les bras. Je me suis dit que j’allais essayer de faire ce que je pouvais, à savoir des vidéos, pour donner une nouvelle énergie à cette mobilisation…
Auteur: Anne Mellier
