Désamorcer les bombes carbone 

Aux quatre coins de la planète, 422 « bombes carbone » menacent les chances pour l’humanité de contenir le dérèglement climatique dans des limites vivables. Ces sites d’exploitation d’énergies fossiles contiennent les plus grosses réserves de charbon, de pétrole et de gaz connues à l’échelle mondiale. Les 294 bombes carbone actuellement en exploitation ont un potentiel d’émissions conjoint de 880 gigatonnes de CO2 : de quoi épuiser le « budget carbone » restant à l’humanité pour contenir la hausse des températures mondiales sous la barre de 1,5 °C.

L’action citoyenne a un rôle stratégique à jouer pour faire pression sur les banques et les autorités publiques.

Mais la situation pourrait encore empirer, car 128 autres bombes carbone sont à l’état de projet. Les grandes banques internationales financent massivement l’exploitation et la prospection de ces installations fossiles. En 2022, elles ont alloué plus de 151 milliards d’euros aux entreprises – dont TotalEnergies est l’une des plus importantes – développant ces sites d’extraction de ressources fossiles (1).

Les banques françaises figurent parmi les principaux financeurs internationaux. D’après Oxfam, en un an, les émissions de gaz à effet de serre issues des activités de financement des six principales banques françaises – BNP Paribas, Crédit agricole, Société générale, BPCE, La Banque postale et Crédit mutuel – ont ainsi atteint plus de 3,3 milliards de tonnes équivalent CO2, soit 7,9 fois les émissions de la France (2).

Face à ces bombes carbone, les États ont une double responsabilité. D’abord, en délivrant les licences d’exploitation des gisements fossiles et en subventionnant les entreprises qui portent les projets d’extraction. En second lieu, en ne jouant pas leur rôle de régulation des banques pour les amener…

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Auteur: Dominique Plihon

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