Tout le monde s’accorde à dire que l’ampleur inédite des incendies qui se sont propagés aux quatre coins du globe cet été est directement liée au réchauffement climatique et donc au capitalisme. En se penchant sur l’histoire et l’économie politique de la pinède landaise, Alèssi Dell’Umbria propose une analyse, non pas alternative mais complémentaire et approfondie : c’est aussi parce qu’elle a été pensée et construite comme une usine et en détruisant tout l’habitat naturel antérieur que la forêt des Landes se trouve désormais à la merci du moindre mégot.
À la date du 10 août 2026, près 90 000 hectares de forêts et plantations ont brûlé sur toute la France depuis le début de l’année ; pire que 2022 et ses 65 546 hectares détruits. Le département de la Gironde, dans le Sud-Ouest du pays, aura été à ce jour le plus sinistré, avec 16 feux qui ont détruit environ 40 000 hectares. Près de 200 000 personnes habitant la région ont dû quitter leur domicile pour plusieurs jours, fuyant l’avancée des flammes dans l’exode le plus important que la France ait connu depuis juin 1940… Mais si la sécheresse extrême de cet été explique la multiplication des départs de feu, elle n’explique pas que ceux-ci aient pris une telle ampleur pour aboutir à une véritable catastrophe.
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C’est bien une économie politique à l’origine des mégas feux de forêt qui frappent de plus en plus fréquemment les zones boisées dans le sud de l’Europe, de la Grèce au Portugal. Du reste, en France les feux ne frappent plus seulement les régions méditerranéennes mais des régions jusqu’alors épargnées, comme la Bretagne.
L’incendie qui vient de ravager la pinède landaise, dans la Gironde, est emblématique à tous points de vue. L’on estime à environ dix-sept millions d’hectares le couvert forestier en France, qui a tendance à gagner du terrain par suite de la déprise agricole, mais sept millions…
Auteur: dev
