Accueillie par l’Hôtel des collections (site principal du MoCo, à Montpellier), l’exposition « Descente au paradis » propose une traversée de l’univers protéiforme de Kader Attia. S’inspirant de la manière dont la visite s’effectue au sein de ce musée (du premier étage au sous-sol), et se référant à La Divine Comédie de Dante, l’artiste français a imaginé ici – en dialogue étroit avec Numa Hambursin, directeur du MoCo – un parcours divisé en trois grandes parties : Purgatoire, Enfers et Paradis. Y figurent une quarantaine d’œuvres, certaines inédites, aux formes d’expression variées (photo, installation, sculpture, vidéo, collage…).
Très bien mis en espace, avec une stimulante mise en relation dialectique des œuvres, ce cheminement presque initiatique entraîne sur les pas d’un créateur qui tend à poétiser le réel, aussi éprouvant soit-il, en exprimant un rapport politique et/ou philosophique au monde. « Sur la base de la poésie, je porte beaucoup d’espoir pour l’humanité », précise Kader Attia dans l’entretien à lire au début du livret de l’exposition.
Réparation et blessure
Constituant une sorte de sas introductif, les premières salles présentent des œuvres qui témoignent de la pluralité de son langage artistique et révèlent ses grands axes thématiques. Apparaissent d’abord les photos lumineuses de la série « Rochers carrés », montrant sous divers angles une plage d’Alger hérissée d’imposants blocs de béton, avec la mer en arrière-plan et l’Europe en horizon lointain, nimbé de l’espoir d’une vie meilleure.
Se découvrent ensuite notamment des plats en terre cassés et reconstitués,…
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Auteur: Jérôme Provençal

