Pour la première fois depuis bientôt vingt ans, les yeux hallucinés, les mains nerveuses et les cheveux en bataille de Gustave Courbet dans son autoportrait Le Désespéré se montrent au public français au Musée d’Orsay, où il est exposé à partir de ce mardi 14 octobre.
Le tableau, achevé en 1845 par le peintre iconique du mouvement réaliste en France, est prêté au musée parisien pour au moins cinq ans par Qatar Museums, l’organisme de développement des musées de l’émirat.
Un tableau illustre, mais rarement exposé
Le musée d’Orsay, établissement de référence pour la peinture occidentale de la seconde moitié du XIXe siècle, détient une trentaine d’œuvres de Courbet, parmi lesquels le célèbre et avant-gardiste Un Enterrement à Ornans. Mais le public français n’a eu que rarement l’occasion de contempler le fameux autoportrait du peintre.
La petite toile de 45×54 cm n’a pas été exposée en France depuis 2008, lors de la rétrospective consacrée à ce maître du réalisme à Paris, New York puis Montpellier. Avant cette grande exposition internationale, le tableau n’avait pas été exposé depuis la fin des années 1970, précise même le musée d’Orsay.
Son prêt est l’aboutissement d’un long travail de coopération avec le Qatar Museum, mené par Sylvain Amic, l’ancien directeur du musée d’Orsay spécialiste de Courbet, décédé brutalement en septembre 2025.
Des œuvres éparpillées dans des collections privées
Comme d’autres toiles de Courbet, Le Désespéré n’a jamais fait partie des collections publiques françaises, et a très longtemps été entre les mains de propriétaires privés. C’est également le cas de L’Origine du monde, d’abord possédée par le père de la psychanalyse française, Jacques Lacan, avant de rejoindre les collections du musée d’Orsay en 1995.
Les toiles de l’artiste sont en effet particulièrement dispersées. Pour…
Auteur: Alix Champlon
