La désinformation climatique n’est pas une pratique nouvelle, mais elle se diversifie : aux acteurs historiques des énergies fossiles s’ajoutent maintenant des acteurs de la Big Tech et, surtout, des acteurs étatiques, notamment la Russie et les États-Unis. C’est en tout cas ce que souligne une note publiée le 19 mai par l’Observatoire défense et climat, coordonné par l’Institut de relations internationales et stratégiques (Iris) pour le compte du ministère des Armées.
De 2024 à 2026, la désinformation climatique représentait en moyenne 7,7 % de l’ensemble des contenus de désinformation recensés dans l’Union européenne, selon cette note. La désinformation est utilisée à des fins de déstabilisation et d’ingérence par des puissances étrangères, la France étant particulièrement visée : elle était le deuxième pays le plus ciblé par la désinformation en Europe, en 2025, juste derrière l’Ukraine.
Cette désinformation prend diverses formes en ligne. Elle passe entre autres par l’usage massif de bots (des programmes informatiques qui exécutent des tâches automatisées, répétitives et prédéfinies, généralement en imitant ou en remplaçant le comportement humain) et de « fermes à trolls » dans lesquelles des individus créent et relaient du contenu pour manipuler l’opinion.
Le « nouveau déni » technosolutionniste
Parmi les contenus visant à créer de l’incertitude climatique et à créer un « nouveau déni », la note souligne notamment la place que jouent les propos technosolutionnistes, qui tendent à relativiser l’urgence climatique en mettant en avant, de manière non réaliste, la possibilité de déployer des technologies miracles pour résoudre le problème.
Le « leurre climatique » de la géoingénierie permet ainsi de favoriser le statu quo et les intérêts du capitalisme fossile en décourageant la révolution socio-économique nécessaire à la sauvegarde du…
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