Dans la salle des Caryatides, au Musée du Louvre, le regard du visiteur est immanquablement attiré par un corps de marbre, nu et parfaitement lisse, étendu sur un matelas capitonné, lui aussi de marbre.
Cette captivante statue antique, copie romaine d’un original grec remontant au IIe siècle av. J.-C. et découverte à Rome en 1608, fut l’une des principales attractions de la collection du Cardinal Scipione Borghèse qui, soucieux d’installer confortablement son bel objet, fit ajouter le matelas, réalisé par le Bernin. L’œuvre fut ensuite achetée par Napoléon qui l’exposa dans le musée parisien.
En s’approchant, on distingue de longs cheveux remontés en chignon au-dessus de la nuque, un visage délicat, une taille svelte et de larges hanches. La belle personne a les yeux fermés. Mais son sommeil ne paraît pas très profond, comme en témoigne son pied gauche relevé. Elle paraît s’être assoupie, peut-être en attendant l’arrivée d’un amant, ou d’une amante ? Le fort érotisme qui se dégage de l’œuvre nous plonge dans un monde de fantasmes où divers scénarios amoureux se bousculent.
Dans un second temps, quand nous faisons le tour du matelas et nous penchons vers les cuisses charnues, nous apercevons un petit pénis lui aussi au repos. C’est alors que nous comprenons que nous nous trouvons en présence d’une sorte d’œuvre théâtrale qui se découvre en deux actes. Le sculpteur a délibérément créé un effet de surprise.
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Belles fesses et cheveux longs
Nous avons sous les yeux l’enfant que la déesse Aphrodite eut du dieu Hermès : Hermaphrodite. Un nom double pour mieux souligner l’étonnante dualité du personnage. S’agit-il d’une fille ou d’un garçon ? Hermaphrodite est à la fois l’un et l’autre : un garçon pourvu de seins et de larges…
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Auteur: Christian-Georges Schwentzel, Professeur d’histoire ancienne, Université de Lorraine

