La posture grave, le regard plaintif : ce jeudi 12 août, Álvaro Uribe apparaît publiquement pour la première fois depuis sa détention. « J’ai été enregistré comme le détenu n°1087985 », écrit alors l’ancien président colombien (2002-2010) sur ses réseaux sociaux, après une visite de fonctionnaires de l’administration pénitentiaire à son domicile.
Huit jours auparavant, il avait lui-même annoncé la décision de la Cour suprême de justice de l’assigner à résidence – un séisme politique en Colombie. Sur Twitter, l’ex-président exige que la « transparence » soit faite sur sa mise en examen, d’après lui liée à des « écoutes illégales » ordonnées par les magistrats mais aussi à des « témoins achetés par les Farc, leur nouvelle génération et leurs alliés » – une vengeance pour la guerre sans pitié qu’il a mené contre l’organisation lors de ses deux mandats à la tête de l’État, soutient-il.
Hoy fui reseñado como preso #1087985 por confrontar testimonios en mi contra comprados por Farc,su nueva generación y sus aliados. Sin pruebas,solo https://t.co/MmbPdFaYwE Interceptaron ilegalmente.Impidieron a abogados contrainterrogar a su principal testigo.Pido transparencia pic.twitter.com/em6DkBoUXX
— Álvaro Uribe Vélez (@AlvaroUribeVel) August 12, 2020
Pour comprendre la détention provisoire du personnage le plus influent de la scène politique colombienne, aujourd’hui sénateur, il faut remonter vingt-cinq ans en arrière, en 1995, non loin de la hacienda familiale des Uribe où le père trouva la mort sous les balles des Farc en 1983.
Une hacienda familiale et des paramilitaires
« En tant que vice-président de la commission des Droits de l’Homme au sein de la chambre des représentants,…

