« La Fureur de vivre » (Rebel Without a Cause) de Nicholas Ray, 1955
© Warner Bros. / AlamyAu départ du « chicken game » entre Jim et Buzz.
Ça commence avec une histoire de frigo. Ça se poursuit avec un fumet de plan B. Question : comment passe-t-on de l’un à l’autre ?
D’abord l’électroménager — et résumé des épisodes précédents. Jean-Luc Mélenchon voit ce que tout le monde peut voir : le Système européen de banques centrales (SEBC) détient 20 % de la dette publique française ; rien n’est plus simple que de les annuler : il y suffit d’un trait de plume — plus précisément un acte de création monétaire (c’est pareil). Et c’est toujours ça de moins. Attention tout de même à bien lire les métaphores électroménagères : le « frigo » de la tribune des économistes ne parle que de « mettre de côté », c’est-à-dire de simplement retirer des titres publics de la circulation des marchés secondaires où ils contribuent ordinairement au pouvoir normatif et disciplinaire des investisseurs. Les nouvelles émissions n’en continueraient pas moins d’en enregistrer les verdicts — avec leurs conséquences sur les taux d’intérêt. Parler d’annulation, ce que ne fait d’ailleurs pas la tribune, est une autre affaire. La preuve, on change de rayon : non plus le frigo mais l’incinérateur.
Lire aussi « Que faire de la dette ? », Le Monde diplomatique, août 2026.
La controverse avait déjà eu lieu à l’occasion des dettes Covid. Sans surprise, les mêmes arguments font leur retour. On oppose par exemple (Olivier Blanchard) que la Banque de France… c’est nous ! Si nous lui infligeons les pertes d’une annulation de dette, nous nous faisons du mal à nous-mêmes, inconscients que nous sommes — techniquement : du fait de cette perte, la Banque de France fera moins de profit et à due concurrence versera moins de dividendes à…
Auteur: Frédéric Lordon
