Qu’est-ce qui est en train de se passer sur les marchés obligataires ?
Les marchés sont en train d’intégrer l’idée que la guerre avec l’Iran va durer. Au début, ils pensaient que le conflit serait rapide. Aujourd’hui, au-delà même de la question du détroit d’Ormuz, ils considèrent que cette situation pourrait s’installer.
Il y a également des tensions sur la dette américaine, parce que la guerre coûte cher. Dans le même temps, les investissements dans l’intelligence artificielle nécessitent énormément de capitaux et peuvent offrir des rendements plus attractifs. Il y a donc une concurrence accrue pour attirer l’épargne mondiale.
Surtout, les marchés considèrent désormais que les risques ne sont plus seulement conjoncturels mais deviennent structurels. Cela ne signifie pas qu’ils anticipent un défaut des États ou une crise de liquidité. C’est la prime de risque qui augmente : les investisseurs acceptent toujours de prêter, mais demandent à être davantage rémunérés parce qu’ils estiment que l’incertitude va durer.
Et ce n’est pas propre à la France. Le phénomène concerne les États-Unis, le Japon et l’ensemble des pays européens, y compris l’Allemagne, qui est pourtant beaucoup moins endettée que nous.
Pourquoi cette hausse touche-t-elle en même temps tous ces pays ? Les contextes nationaux ne sont pas les mêmes…
Parce qu’il y a une composante mondiale. Les États ont aujourd’hui des besoins de…
Auteur: Steve Jourdin
