Raser les forêts pour de l’électricité
« Il n’y a plus aucune norme environnementale, juridiquement c’est le far-west » s’inquiète la juriste Marine Calmet auprès de La Relève et La Peste.
Tout commence en septembre 2022, lorsqu’un amendement dérogatoire est glissé à l’intérieur de la directive européenne sur les énergies renouvelables. Celui-ci permet aux régions ultrapériphériques, dont fait partie la Guyane, de « contourner les critères généraux européens en matière d’énergies renouvelables qui exclut l’utilisation du bois issus de forêts tropicales et à forte biodiversité de la production d’énergie dite verte. »
La boîte de Pandore est ouverte ! Un an et demi plus tard, fin décembre 2023, le gouvernement officialise par décret l’activation de cette dérogation en Guyane.
Dès l’article 1, le ton est donné : « la biomasse forestière issue d’opérations de défrichement ou de déboisement sur le territoire guyanais, quelle que soit la destination des terres défrichées, n’est pas tenue de respecter les critères énoncés de l’article 281-9 du code de l’énergie ».
Concrètement, les industriels peuvent désormais s’abroger de toutes problématiques environnementales. Ils sont autorisés à défricher de manière massive et à utiliser le bois récolté dans les centrales à biomasse où il sera brûlé pour générer de l’énergie.
Selon l’association Maiouri Nature Guyane, il n’y a plus aucune régulation en termes de « régénération de la forêt », de « protection de la nature », notamment des « zones humides et des tourbières », et de « préservation de la qualité des sols ».
Et le gouvernement compte accroître considérablement la filière biomasse sur le territoire guyanais. Selon l’ADEME (Agence de la transition écologique), elle devrait représenter 30% du mix énergétique du territoire en 2030. Un chiffre important au vu des émissions de…
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Auteur: Florian Grenon

