En Afrique, la plupart des félins vivent dans les milieux semi-arides, comme les savanes herbeuses et boisées. Cependant, deux espèces discrètes et méconnues se cachent au cœur des forêts tropicales. Dans ces milieux denses et souvent difficiles d’accès, la recherche est complexe Elle est parfois entravée par des facteurs politiques, la pauvreté en infrastructures ou le manque de financement.
Ces deux félins sont le léopard (Panthera pardus) – dont la plupart des études porte sur les populations en milieu de savane – et le chat doré africain (Caracal aurata), félin le moins connu d’Afrique.
Nous sommes des chercheuses spécialisées dans le suivi des populations de carnivores et l’étude de leurs interactions au sein des écosystèmes. Dans nos travaux actuels, nous nous intéressons à ces deux félins, confrontés à des menaces croissantes liées aux activités humaines. Ces espèces sont encore peu étudiées. Pourtant, elles jouent un rôle potentiellement important dans l’équilibre écologique des écosystèmes forestiers en Afrique. D’où la nécessité d’assurer leur survie avec des mesures de conservation adaptées.
Des espèces en déclin
Si le léopard possède la plus vaste aire de répartition géographique chez les félidés, allant de la pointe du continent africain jusqu’à l’Extrême-Orient russe, il n’en est pas moins considéré comme “vulnérable” sur la Liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). Sa grande adaptabilité masque parfois la gravité des menaces qui pèsent sur lui. Comme pour la plupart des grands carnivores, ses populations sont en déclin, et le léopard n’occupe plus que 25 % de son aire de distribution historique.
Le chat doré, quant à lui, est une espèce exclusivement forestière, également classée “vulnérable” sur la Liste rouge de l’UICN. Contrairement à son cousin, le caracal (Caracal caracal), qui vit dans les savanes et…
Auteur: Sarah Tossens, Ph.D candidate, conservation and wildlife ecology, Université de Liège

