Devant le Medef, dans le bourbier des droites, les gauches s’épargnent

Dans la gueule du loup. Mais que sont donc allés faire Raphaël Glucksmann, Jean-Luc Mélenchon et Marine Tondelier dans cette galère ? Car sur la terre battue du court Philippe-Chatrier l’après-midi de ce 27 août, il ne faisait pas bon être de gauche. Entourés de Marine Le Pen, Édouard Philippe, Gabriel Attal et Bruno Retailleau, les trois candidats de gauche avaient pour public une horde de chefs d’entreprises pour la rentrée politique du Medef. Rien que ça. Au milieu d’une même chanson, sur le frein qu’impose l’État aux entreprises ou sur la nécessité de travailler plus et plus longtemps, le social-démocrate, l’insoumis et l’écolo n’avaient qu’un seul objectif : faire entendre un autre refrain. La tâche ne semble pas aisée.

L’écologie est la condition de la liberté.

M. Tondelier

Lors du premier set, Raphaël Glucksmann défend son « contrat patriotique », alerte sur la concurrence déloyale qu’impose la Chine sur le reste du monde, attaque la possible ouverture dans le Val-d’Oise d’un parc Dragon Ball Z entièrement financé par l’Arabie Saoudite. Marine Tondelier veut surtout contredire ce mythe qui considère que l’écologie politique est obligatoirement punitive. « L’écologie est la condition de la liberté », répond-elle. Jean-Luc Mélenchon met en garde contre la menace d’une crise financière mondiale, cette compétition infernale face à la Chine, avec qui il défend une discussion « raisonnée et raisonnable », et la crise climatique. Les discours semblent presque complémentaires au milieu d’une ode au capitalisme sans frein.


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Auteur: Lucas Sarafian