À moins de quatre ans de l’échéance de cette feuille de route adoptée par les Nations Unies en 2015, le constat est désormais difficile à contourner : la promesse ne sera pas tenue.
Lundi, au siège de l’organisation à New York, personne n’a cherché à masquer ce décalage entre l’ambition de 2015 et le monde de 2026. Conflits armés, explosion de la dette, recul de l’aide au développement, dérèglement climatique : les crises successives ont ralenti, parfois inversé, les progrès réalisés au cours de la dernière décennie.
« Crise après crise, les objectifs de développement durable s’éloignent davantage de notre portée », a résumé le secrétaire général de l’ONU, António Guterres. Seuls 36 % des objectifs mesurables sont encore en bonne voie ou progressent modérément, tandis que 15 % sont désormais en recul.
Pour autant, il n’a jamais été question, au cours de cette première journée du segment ministériel du principal rendez-vous annuel consacré au développement durable, d’abandonner le projet. Tout l’enjeu consiste désormais à sauver ce qui peut encore l’être. Organisée sous l’égide du Conseil économique et social (ECOSOC) des Nations Unies, la journée de lundi marque le début d’une semaine de discussions visant à préparer le prochain sommet sur les objectifs de développement durable de 2027, considéré comme la dernière occasion de relancer l’« Agenda 2030 » avant son échéance.
Le temps des diagnostics est terminé
Une phrase est revenue, sous des formes différentes, dans chacune des interventions d’ouverture. Elle résume à elle seule l’état d’esprit qui règne désormais à l’ONU : le temps presse.
« Le défi qui nous attend n’est pas un manque d’idées. C’est un manque de vitesse », a lancé le président de l’ECOSOC, Lok Bahadur Thapa.
Son constat marque une rupture. Pendant des années, les forums consacrés au développement durable étaient d’abord des…
Auteur: Nations Unies FR

