Laurence n’aime pas le trajet qui la mène à la Cité de l’alimentation. « Prendre ma voiture, rouler le matin sur le périphérique de Caen, cela me rappelle ma vie d’avant », confie-t-elle. La quadragénaire vient pourtant une à deux fois par mois à Hérouville-Saint-Clair, près de Caen pour s’investir dans le lieu associatif consacré au bien-manger.
Avant, Laurence avait une autre vie, d’employée de banque. Mais elle a été frappée par un burn-out, puis un cancer. Aujourd’hui, en cette matinée du mois de mars, elle est venue préparer des lasagnes et faire la vaisselle, le tout bénévolement. « J’aime bien la vaisselle, c’est un moment où on discute, glisse-t-elle. Le concept, c’est comme à la maison, avec de la bienveillance, de la mixité, et beaucoup d’échanges. Il y a de nombreux accidentés de la vie ici. »
Coincée entre des barres d’immeubles, la Cité de l’alimentation dénote dans le centre-ville d’Hérouville-Saint-Clair.
©Guy Pichard
À sa manière, Laurence incarne bien l’une des raisons d’être de la Cité de l’alimentation, un lieu créé pour tisser du lien autour de la cuisine tout en étant un véritable restaurant, situé dans cette ville nouvelle de la banlieue de Caen, faite d’architecture bétonnée et sortie de terre dans les années 1960.
Hérouville-Saint-Clair est une des communes les plus pauvres du Calvados. Au niveau politique, la ville est dirigée depuis 2001 par un maire de centre droit, Rodolphe Thomas, qui vient d’être réélu dès le premier tour après avoir mené une campagne où il s’en est notamment pris au média local indépendant Le Poulple.
Cuisine mobile à vélo
Ici, il n’y a presque pas de commerces de proximité ni de cafés. La Cité de l’alimentation fait figure d’exception. « Nous aimerions devenir une espèce de place de village avec différentes structures, mais aussi avec beaucoup de formation », présente l’un des…
Auteur: Guy Pichard

