Saint-Péray (Ardèche), reportage
Un chant s’envole sur la plaine de Saint-Péray. « Touchez pas à la plaine, touchez pas ; Des routes et des bagnoles on n’en veut pas ; Notre plaine on la préservera ! » entonne la chorale de la Cavale sur un chemin qui borde le dernier corridor écologique à l’ouest de Valence. Comme les 70 personnes présentes, ses choristes sont venues le 15 mars participer à une promenade festive d’opposition à la déviation de la route départementale 86 (RD86), qui doit couler son bitume sur ces 50 hectares de terres agricoles.
Vieux de 40 ans, ce projet routier a été sorti de l’oubli par la communauté de communes de Rhône Crussol (CCRC), présidé par Jacques Dubay, le maire de Saint-Péray. L’élu, qui dispose du soutien du département et de la région Auvergne-Rhône-Alpes, espère fluidifier la circulation bouchonnée de sa commune. « Ils devraient plutôt investir dans le réseau ferroviaire, il n’y a plus aucun train de voyageurs en Ardèche ! » s’exclame Dominique, une choriste qui a grandi à Saint-Péray.
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Un sentiment de soulagement souffle sur la foule. Le 14 mars, la préfète de l’Ardèche a repoussé la reprise des travaux au 1er septembre et demandé à la CCRC de déposer une demande de dérogation à la protection des espèces. « C’est une victoire pour le droit de l’environnement et de la mobilisation citoyenne », savoure Maud Grard, conseillère régionale écologiste. Mais pas la fin de la lutte, tempère Edwige Roche, de la Frapna Drôme Nature Environnement : « On attend la publication de l’arrêté pour voir de quoi il en retourne, et si besoin l’attaquer au tribunal administratif. »
Risque d’amiante et plaintes en série
Une vigilance de rigueur. « Ce n’est plus une plaine,…
Auteur: Moran Kerinec

