Marseille (Bouches-du-Rhône), correspondance
Cette fois-ci, elle est peut-être bien partie pour fonctionner, treize ans après l’annonce de sa conversion du combustible charbon vers le bois. À Gardanne, non loin d’Aix-en-Provence, la plus grande centrale biomasse de France s’est remise en branle le 15 janvier, après deux ans et demi d’interruption. L’industriel GazelEnergie, filiale française du groupe du milliardaire tchèque Daniel Křetínský, avait stoppé la production pour négocier avec le gouvernement afin d’obtenir un tarif préférentiel de rachat de l’électricité.
Fin 2024, Olga Givernet, la ministre de l’Énergie – son mandat a duré un trimestre, comme le gouvernement Barnier -, est venue sur place annoncer le bonus accordé à l’industriel : 800 millions d’euros sur huit ans. Pour la ministre, cette faveur est justifiée par la sauvegarde des quatre-vingt-dix emplois sur site et par l’activité des dockers de Fos-sur-Mer déchargeant le bois d’importation.
Pour Kretinsky, un cadeau de 800 millions d’euros
« GazelEnergie va vendre son électricité trois fois le prix », s’étrangle Luc Le Mouel, coprésident de l’Association de lutte contre toutes formes de nuisances et pollutions (ALNP). Il dénonce un « cadeau » d’autant plus « scandaleux », qu’il est annoncé en pleine période de coupes budgétaires. Plusieurs associations locales et de défense des forêts continuent de fustiger la « mégacentrale », source « d’industrialisation de la forêt ».
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« Ce tarif vient couvrir les coûts de production dans un contexte d’inflation des prix de combustibles. Il est strictement encadré par la loi et par un contrôle de l’autorité de régulation de l’énergie », indique GazlEnergie dans un courriel à…
Auteur: Pierre Isnard-Dupuy

