En France, contrairement à d’autres pays, les conditions d’utilisation du diagnostic préimplantatoire sont très encadrées. Il ne peut pas être utilisé en tant que dépistage génétique global, et doit cibler uniquement un risque connu. Une situation que certains aimeraient voir évoluer.
Si l’infertilité constitue aujourd’hui la principale raison du recours à l’assistance médicale à la procréation (AMP), elle n’est pas la seule. Dans certains cas, ces techniques sont mobilisées pour éviter la transmission à l’enfant de maladies génétiques particulièrement graves.
Pour les familles concernées, l’enjeu dépasse alors la simple conception : il s’agit de donner naissance à un enfant indemne de la pathologie identifiée chez au moins l’un des parents. Dans ce contexte, le diagnostic préimplantatoire (DPI), qui permet l’analyse du patrimoine génétique d’embryons issus d’une fécondation in vitro avant leur transfert dans l’utérus – est autorisé en France depuis 1999.
Le DPI ne concerne donc qu’un nombre limité de personnes. Selon l’Agence de la biomédecine, environ 1 000 demandes de DPI sont examinées chaque année, dont environ les deux tiers sont acceptées. Pour autant, il cristallise des questions scientifiques, éthiques et politiques majeures, d’autant plus vives que les cadres juridiques et les pratiques diffèrent sensiblement d’un pays à l’autre.
Le DPI en France : un usage strictement encadré
Le DPI consiste à analyser de une à quelques cellules prélevées sur l’embryon afin de rechercher une anomalie génétique. Réalisé simultanément sur plusieurs embryons obtenus au cours d’un même cycle de fécondation, il permet d’exclure du transfert dans l’utérus les embryons porteurs de ladite anomalie.
En France, le DPI est autorisé lorsqu’une anomalie responsable d’une maladie gravement invalidante, susceptible d’être à révélation tardive ou pouvant mettre…
Auteur: Valérie Depadt, Maître de conférences en droit, Université Sorbonne Paris Nord

